Plus que les simples paiements : nouvelle génération de start-ups fintech en Afrique subsaharienne, Village Capital

Terrain favorable en Afrique subsaharienne pour les innovateurs fintech
French
Digitalisation
Financial Services
Sub-Saharan Africa
27. Oct 2018

Beyond Payments in Africa

• 18 pages • Village Capital, PayPal

Fintech in Africa is evolving quickly. Today, there are hundreds of fintech startups across the continent – but how has the sector changed in recent years? This report takes a look at the next generation of fintech in Sub-Saharan Africa.

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L’article identifie des opportunités pour le secteur privé, particulièrement pour les start-ups capables de proposer des solutions de technologie financière (fintech) pour l’évaluation du crédit, le prêt, la vérification d’identité, l’assurance et l’épargne. Plusieurs tendances notables motivent l’innovation en matière de services financiers en Afrique subsaharienne :

  • Technologie: introduction et adoption de services financiers basés sur la technologie qui permettent de faire baisser le coût des transactions (cryptomonnaie, technologie de la blockchain, etc.), de réduire le nombre d’intermédiaires (prêteurs et emprunteurs en contact direct, sans banque comme intermédiaire) et de favoriser la création de produits financiers ciblés et personnalisés (microassurance pour les agriculteurs, etc.) pour de grands groupes de populations défavorisées, ouvrant de nouvelles opportunités de commercialisation de produits fintech.
  • Appui financier gouvernemental et philanthropique: le financement de l’agriculture, un secteur à haut risque, s’ouvre grâce au financement gouvernemental de l’agro-industrie. La Déclaration de Maputo attribue notamment 10 % des ressources budgétaires au développement rural et agricole. Les entreprises fintech qui proposent des services de gestion financière intelligente (épargne, investissements, etc.) bénéficient, elles aussi, des initiatives philanthropiques et gouvernementales qui ont pour but d’améliorer les connaissances financières et de faire naître de l’intérêt pour les services et produits d’épargne.
  • Environnement politique et réglementaire détendu : pour les start-ups fintech, les obstacles à l’entrée sont moindres car le secteur n’est pas aussi réglementé que celui des institutions financières traditionnelles. Par contre, les politiques sur les mécanismes d’assurance maladie sociale gérés par le gouvernement n’ont pas réussi à toucher le secteur informel. Ce problème peut être résolu par les entreprises fintech.

Inspirées par la réussite et par le marché prospère de l’argent mobile dans la région, les technologies financières (fintech) évoluent en Afrique subsaharienne en commençant à couvrir d’autres secteurs des services financiers et du financement mobile. La société de capital-risque Village Capital et ses partenaires appuient les premiers pas de certaines start-ups fintech en Afrique subsaharienne. Ce rapport présente la cohorte 2018 et ses 12 start-ups qui aident les agriculteurs, les petites entreprises, les coopératives et les ménages à accéder à des services financiers mobiles. Ces start-ups sont actives dans des secteurs prometteurs pour la fintech dans la région : agriculture, nouvelles méthodes d’évaluation de la solvabilité et des décisions de prêt, assurance à bas coût et plateformes d’épargne. Les tendances démographiques favorables, l’acquisition de connaissances financières et numériques et l’omniprésence des technologies mobiles, qui améliorent l’accès aux services financiers, sont des moteurs de croissance pour le secteur.

Même si les sociétés fintech ont obtenu un certain succès dans la fourniture de services financiers innovants, leur développement dans la région reste en proie à des difficultés. Il existe encore des secteurs à coût élevé ou des domaines des services financiers (l’assurance, par exemple) qui exigent de gros investissements en capital. Les entreprises qui visent une certaine envergure doivent souvent s’associer à de grandes compagnies d’assurance pour élargir leur activité aux populations qui sont difficiles à atteindre. Or, les partenariats de ce genre sont parfois difficiles à mettre en place. Il y a également la perspective d’un resserrement des réglementations : les entreprises fintech sont sous la menace de réglementations plus strictes sur le prêt numérique et l’utilisation des données, car l’Afrique adopte peu à peu le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’UE et la Directive sur les services de paiement 2 (DSP2). Les start-ups de prêt qui s’appuient sur les données suivent avec attention les développements à ce niveau.

Les entreprises sont également confrontées aux enjeux de l’évolution des comportements et des connaissances financières. Il revient aux entreprises de former les clients qu’elles ciblent aux options financières dont ils disposent. Ceci est particulièrement le cas des entreprises fintech qui proposent des produits d’épargne : elles consacrent des ressources considérables pour tenter de convaincre les utilisateurs potentiels d’épargner numériquement sans passer par les coopératives et autres établissements d’épargne traditionnels. Le cybercrime et la fraude constituent également un problème majeur, l’Afrique ayant la triste réputation d’être une plaque tournante des menaces de cybersécurité. Le vol d’identité, le phishing, le phishing vocal, les logiciels malveillants et l’échange de cartes SIM sont courants dans la région, ce qui représente une menace considérable pour la sécurité des données numériques.